Non, les refuges ne sont pas débordés

Malgré les rumeurs qui ont circulé dans les médias, les refuges animaliers ne notent pas une hausse particulière des abandons, qui seraient liés à la crise Covid-19.

A ce jour, aucun des refuges membres de la Confédération nationale Défense de l’animal, réseau de 270 associations de protection animale et refuges indépendants, interrogés dans cinq grandes régions de France, n’est en sur capacité et tous sont unanimes pour témoigner qu’il n’y a quasiment aucun abandon ni même appel sur ce thème, une excellente nouvelle. Au contraire, les Français sont généreux, comme à celui de Saint-Jean-de-Luz, où en sortant de la grande surface qui est à côté, ils viennent déposer des sacs d’aliments, des produits d’hygiène et pensent même à aller faire un don en ligne (entre 15 à 1000€ par personne). « Ils sont confinés, mais ne nous oublient pas ! » témoigne une responsable, reconnaissante de cette solidarité. La grande majorité des refuges n’a cependant pas cette chance, comme en témoigne Patrick, responsable du refuge à Sarrebourg qui ne vit que de dons et de fêtes organisées au profit des animaux, toutes activités sociales interdites actuellement. « Nous sommes au bout du rouleau financier » dit-il, mais cela ne l’empêche pas, chaque jour, de donner généreusement à des familles, au bout de leurs revenus, des aliments pour leurs animaux, par solidarité. La Société protectrice des animaux (SPA), qui compte 53 refuges, n’affiche pas non plus, pour l’instant, de problème de capacité, mais « nous craignons de ne plus avoir de place d’ici très peu de temps pour recueillir de nouveaux pensionnaires », déclare son Président, Jacques-Charles Fombonne.

Calme et sérénité

Pour les animaux comme pour le personnel, le confinement aurait même des bons côtés puisque les plus excités des chiens – comme ce Pointer qui tournait sans cesse sur lui-même, et qui désormais s’est posé, au point de reprendre du poids  – sont au repos. « C’est le calme plat dans tous les sens, les chiens n’aboient plus », témoigne Sara, responsable du refuge de Lorient. A Saint Jean-de-Luz, où Alice, la responsable du site, avait déjà, bien avant le confinement, réduit les visites des bénévoles à 3 jours par semaine et ne fait plus que des visites d’adoption motivées, « pas ces visites Zoos, avec les familles et leurs enfants qui viennent voir les animaux sans objectif précis », ce silence n’est pas une surprise, et elle ose dire « le confinement leur fait du bien ». Les agents animaliers ont plus de temps, même si les effectifs sont réduits, avec des équipes qui travaillent en alternance. A Yvré (refuge de La SPA), la situation est similaire avec « les chiens difficiles qui évoluent rapidement car sans le stress ambiant habituel, en l’absence de public et de passages d’autres chiens », précise Naïs, responsable du site.  A Montceau-les mines, la bonne nouvelle vient des chats, puisqu’il n’y a eu aucune entrée récente. « Les gens ne sont plus à l’affût des chats qui se baladent » explique Valérie, la responsable du refuge, donc même si la fourrière continue son travail, aucun chat n’y entre actuellement à la suite d’un signalement de divagation sur la voie publique. Et les chats, si souvent stressés par le niveau sonore des chiens, apprécient particulièrement le silence qui plane sur leurs refuges.

Des adoptions parfois en attente

Les refuges indépendants autorisent encore quelques adoptions et se soucient, avec leurs gardes sociales, de l’hébergement des animaux des personnes hospitalisées en urgence, en hôpital psychiatrie, pour maladies et/ou COVID-19. Mais face à un fonctionnement au ralenti, ils redoutent une prochaine saturation, à laquelle s’ajoutent les problèmes de baisse des stocks alimentaires et des dons. Des constats qui ont motivé la Confédération à solliciter le Ministère de l’agriculture et à lancer un appel aux dons* le 23 mars. Côté SPA, son Président constate que « les adoptions ne peuvent plus se faire tandis que le flux d’animaux sortant des fourrières (et rentrant en refuges; NDLR) ne s’est pas interrompu. Ainsi nous craignons de ne plus avoir de place d’ici très peu de temps pour recueillir de nouveaux pensionnaires ». Il précise : « nous aurions besoin de pouvoir faire adopter les animaux qui attendent une nouvelle famille dans nos refuges. Nous sommes d’ailleurs en discussion avec le Ministère pour faire valider une stratégie d’adoption solidaire responsable qui nous permettrait de libérer des places pour recueillir de nouveaux pensionnaires ». En attendant, en ces jours calmes comme des dimanches, les agents animaliers trouvent le temps, comme à Thiernay (57), de repeindre les portes, d’inventer des fresques murales, en espérant comme à Yvré, « que les Français respectent le confinement pour que cette période passe le plus rapidement possible ! » et surtout que la saison des chatons, qui va démarrer, ne rime enfin plus avec abandons.

 

https://www.laconfederation.fr/actualites/covid-19-refuges-independants-tres-inquiets/.

Merci aux vétérinaires, solidaires des refuges

Tous les refuges de la Confédération interrogés témoignent avec gratitude de l’engagement de leurs vétérinaires traitants à leurs côtés, qui continuent à assurer non seulement les soins mais aussi les stérilisations, pour limiter le nombre de chatons à venir.  Comme le raconte Patrick, responsable du refuge à Sarrebourg, désespéré que les propriétaires ruraux des chattes se refusent à les faire stériliser, « en fin d’été, nous avons entre 5 à 15 chatons par jour, déposés dans des cartons, à l’accueil ou à la porte ».

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Merci à tous les responsables de refuge, Alice, Amelia, Naïs, Patrick, Sara et Valérie pour leurs témoignages.

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Photo : Un chat au refuge de St Jean de Luz. « Les chats sont également détendus et se sont mis au yoga… », Alice, la responsable du site.

Anne-Claire Gagnon

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